Il y a peu j’ai décidé de partir à la rencontre d’explorateurs d’aujourd’hui et de demain afin de découvrir les coulisses de leurs aventures extra-ordinaires et d’en apprendre un peu plus sur eux. 

Après plusieurs belles rencontres et des échanges passionnants, il est désormais l’heure que je partage avec vous le fruit de nos discussions.

Aujourd’hui c’est avec Clémence que je vous emmène à l’aventure. Dans le cadre de son projet Mercycle, cette cyclo-aventurière éco-responsable  a parcouru la France pendant 6 mois pour interroger nos agriculteurs sur les enjeux agro-écologiques d’aujourd’hui et de demain. Avec elle on a parlé de voyage responsable, de rencontres humaines et de changement de pneu.

J’espère que son témoignage vous inspirera autant que moi et laisse place à ma discussion avec Clémence. 

(Vous pouvez retrouver l’épisode sur Apple Podcast)

 

— NOTES DE L’EPISODE —

 

Le projet Mercycle en quelques mots 

Clémence, 26 ans, ingénieur agronome de formation s’est lancée à vélo à la conquête des campagnes françaises afin d’interroger les agriculteurs de différentes régions sur les enjeux agro-écologiques de l’alimentation.

— LA PREPARATION —

> Durée organisation  :

Clémence a mis environ 6 mois à préparer son projet. Ce qui fait 6 mois de préparation pour 6 mois d’aventure (21 mars 2019 au 28 septembre 2019).
Elle aurait potentiellement pu partir plus tôt mais elle a choisi de se laisser du temps pour bien organiser son aventure.

> Choix de la date de départ ?

Fixer une date de départ peut se faire selon divers critères. Clémence a choisi le 21 mars 2019 pour s’élancer sur les routes, une date symbolique puisqu’il s’agissait à la fois du premier jour du printemps et de celui de sa fête.

Date symbolique mais aussi logique. Elle a en effet choisi d’attendre le début des beaux jours avant de prendre la route. Cette échéance lui a donné le temps nécessaire pour préparer pour le mieux son projet et lui a surtout permis d’éviter un maximum le froid et la pluie, de sérieux ennemis lorsque l’on est à vélo.

💡 Quand on prévoit de réaliser une aventure  la saisonnalité est un point important auquel il faut réfléchir en amont. Ce choix est d’autant plus important lorsqu’il s’agit une aventure en extérieur où l’on est directement soumis aux caprices de la météo.

> Pour se préparer physiquement :

6 mois à vélo ce n’est pas rien. Malgré tout Clémence démontre qu’il ne faut pas forcément être une cycliste chevronnée pour accomplir une telle aventure.

Sportive de base (Cross Fit, course à pied) elle ne pratiquait du vélo que pour de petits déplacements dans Paris. Ce n’est qu’un mois avant de partir qu’elle a vraiment entamé sa préparation. Pour ce faire elle a notamment effectué des sorties longues à vélo avec un groupe de cyclistes féminin en région parisienne.

> Comment s’équiper d’occasion ?

Pour s’équiper Clémence a misé sur la seconde main afin d’être le plus en cohérence possible avec son projet d’aventure éco-responsable.

Voici ses astuces :

  • Pour le matériel technique et  le vélo : faire appel à des associations telles que la recyclerie sportive
  • Pour les vêtements et le petit matériel : Vinted, friperies, dons/prêts d’amis…

💡 En plus d’être écologique ce mode d’équipement est économique.

> Financement ?

Pour financer son projet, elle a fait appel à diverses sources de financement.

  • sponsors (recyclerie sportive..)
  • le crownfunding (elle avait lancé une campagne sur kisskissbankbank pour financer l’équipement technique qu’elle n’a pas pu trouver de seconde main)
  • économies personnelles

💡 L’avantage d’une aventure tel que Mercycle est qu’entre son mode de déplacement, son équipement de seconde main et son mode d’hébergement (principalement chez l’habitant..), le budget nécessaire est moins important que sur d’autres aventures plus « standards » .

> Durée / rythme ?

Clémence a parcouru un peu plus de 4000 km en 6 mois, ce qui fait une moyenne de 20-30km. Mais cela n’est qu’une moyenne. Elle explique dans l’interview qu’elle ne pédalait pas tous les jours. Elle alternait entre jours de repos/interview et des jours entiers passés à pédaler. Ainsi durant ces derniers son rythme moyen était plutôt autour de 60km/jour.

 

— LE DÉROULEMENT DE SON AVENTURE —

> Le parcours

Carte mercycle

Partie de Paris Clémence a fait tour de la France en commençant par l’Ouest (Beauce, Bretagne…) puis en longeant la côte Atlantique jusqu’à Bordeaux avant de remonter par l’Est en passant par Toulouse, Lyon, Nancy…

Carte ©Mercycle

 

> Le logement 

Durant tout son séjour elle était hébergée gratuitement chez des particuliers qu’elle contactait sur warmshowers (le couchsurfing des cyclotouristes) ou Airbnb, et plus occasionnellement chez les paysans qu’elle interviewait.

Elle réservait souvent le jour même, et à l’exception de deux fois où elle a failli ne pas trouver de logement (spoiler : ça c’est bien terminé), elle a toujours réussi à trouver une place rapidement.

> Les craintes

Avant de partir elle n’avait eu l’occasion de changer une roue que dans les conditions optimales d’un atelier. Du coup l’une de ses peurs principales était de crever.

Lorsque ça lui est arrivé pour la première fois (après 2 mois et demi d’aventure) elle a réussi à réparer sa roue toute seule. Cela lui a prouvé qu’il n’y avait rien d’insurmontable et ça a fait disparaitre cette peur. Cette expérience illustre que bien souvent il faut se confronter à sa peur pour la surmonter. C’est le meilleur moyen d’élargir sa zone de confort et de se prouver qu’on est capable de plus de chose qu’on peut le penser.

> Rester motivée

  • Faire face à la difficulté

À plusieurs reprises Clémence a pensé à abandonner, notamment lorsque les conditions climatiques étaient compliquées, lorsque l’effort était trop intense ou lorsque son moral n’était pas au beau fixe.

Mais elle a tenu bon car comme elle le dit  » quand [je serais] rentrée je savais que j’aillais trop avoir envie de repartir « . De même elle avait conscience que chaque mauvais passage signifiait qu’elle était en train de se surpasser et qu’elle allait en ressortir grandi.

  • L’apport de communauté

Elle qui pensait que les réseaux sociaux « éloignaient les gens », souligne l’importance que sa communauté a eu durant son aventure. Elle avait créé des comptes sur les réseaux sociaux avant de partir, et avait réussi à fédérer une communauté de personnes passionnées et bienveillantes.Tout au long de son parcours ses abonnés lui ont apporté du soutien et dès qu’elle avait des petits soucis, ils étaient présents et lui permettaient de se sentir moins seule.

— LE RETOUR —

> Appréhender le retour

Comme souvent le retour a été mitigé. À la fin du voyage elle avait hâte de rentrer car elle commençait à se lasser et avait plein de nouveaux projets en tête. Mais pendant plusieurs mois après son retour, elle a trouvé ça dur car elle avait vécu une expérience si intense que sa vie lui paraissait moins bien . Il lui a fallu du temps pour accepter que ça vie était très bien et qu’elle ne pouvait pas la comparer à cette expérience extra-ordinaire qu’elle avait vécue à la vie « normale ».

Maintenant j’ai l’impression que ma vie elle est moins bien parce que je la compare aux 6 mois que j’ai passé qui étaient incroyables, hyper intenses. Alors que la vie que j’ai aujourd’hui c’est la vie normale (…) C’est juste mon expérience qui était extraordinaire (19min40)

C’est bon ta vie elle est bien, elle est normale, tu te mets juste les exigences trop haut. (20min10)

> Bilan 

  • L’expérimentation du minimalisme.  Après avoir vécu aussi longtemps avec le strict nécessaire, elle s’est rendu compte qu’on avait vraiment besoin de peu de chose au quotidien.
  • Une découverte physique mais avant tout humaine qui lui a permis d’en apprendre beaucoup sur les autres (- notamment les agriculteurs français – ) mais aussi sur elle.

J’étais partie pour les agriculteurs mais au final ça m’a enrichi autant que de kilomètres parcourus »

> Ses futurs projets 

Elle se concentre désormais sur « l’après ». Pour continuer à faire vivre son aventure au-delà de son périple à travers la France, elle souhaite désormais partager au maximum le fruit de ses rencontres et de ses discussions avec les agriculteurs français. Pour ce faire, elle réalise notamment des conférences et projette d’écrire un livre.

Elle envisage aussi la communauté  qu’elle a réussi à fédérer autour de son projet comme un outil pour promouvoir tout un mode de vie qui lui est cher : celui d’une consommation éco-responsable.

 

 

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Pour retrouver le projet Mercycle vous avez l’embarras du choix :

N’hésitez pas à aller faire un tour sur les réseaux de Clémence pour suivre la suite de ses projets, elle se fera un plaisir de répondre à toutes vos questions. 

J’espère que cette aventure vous a plu et je vous retrouve bientôt avec le témoignage d’un nouvel explorateur !

La fille aux carnets