Chère Oxford, 

Ce qui me vient en premier lorsque je pense à toi c’est ta lumière. Ce genre de lumière douce et paisible qui magnifie tout et égaie les coeurs. Je ne sais pas si tu savais que je venais, mais le jour de ma visite tu avais convié le soleil, ton plus bel allié. Celui-là même qui fait scintiller l’eau de tes canaux, intensifie les couleurs de ta végétation et illumine tes rues pavées. Je t’avais déjà découverte sous le gris hivernal mais c’est bien quand tu revêts ton habit de lumières que tu es la plus belle !

Depuis ma dernière visite, à la simple évocation de ton nom je suis assaillie d’images de fleurs et d’un sentiment de quiétude. Qui t’aurait pensé si champêtre? Pas moi en tout cas.. mais c’est avec plaisir que j’ai découvert le paradis bucolique que tu deviens dès que les beaux jours arrivent.  

Charmée par toute cette nature, j’ai passé la majorité de ma journée à déambuler dans tes espaces verts. J’ai parcouru tes parcs, flâné dans tes jardins et longé tes cours d’eau. À ton contact j’ai appris à ralentir le pas. Lorsque je pense à ce rapport au temps tout particulier que tu suscites une image me vient en tête : le punt. Cette embarcation typiquement anglaise est à mon sens l’incarnation même de cette vie en slow motion. Loin du rythme effréné des courses d’aviron auxquels s’adonnent les étudiants oxfordiens, sur cette barque on prend le temps d’admirer la ville.

… Et quelle ville! à mes yeux tu incarnes à toi seule le charme so british des villages anglais. Les vieux bâtiments, les rues pavées et les jardinières ornant les maisonnés,  tout y est! Même les bibelots à l’image de la reine trônant en bonne place sur les rebords des fenêtres sont au rendez-vous ! Pittoresque et un brin désuet ton centre-ville est une sorte de capsule spatio-temporelle qui m’a transportée dans l’Angleterre du siècle passé.

Mais au-delà de ton charme d’antan, ce qui m’avait attiré en premier lieu ce sont tes célèbres universités. Loin des établissements sans âme des universités que j’ai pu fréquenter, les 38 universités que tu rassembles (rien que ça!) sont toutes de véritables chefs-d’oeuvre architecturaux. Leur nombre et leur beauté sont tels qu’en me baladant dans tes rues, il m’était impossible de différencier les colleges des autres monuments ! Ni totalement campus ni totalement ville, tu es un lieu hybride, une véritable ville-université.  L’atmosphère d’excellence académique que tu dégages est telle que même en plein été, à chaque coin de rue je m’attendais à voir surgir un étudiant les bras chargés de livres. Si cliché, et pourtant.. Quand on sait qu’Oxford accueille la 2eme plus grande librairie visitable du monde on se dit que tout est possible. 

Véritable ode à l’écriture, c’est d’ailleurs toute cette émulation intellectuelle qui t’a permis d’attirer les plus grands écrivains des dernières décennies. Narnia, Le Seigneur des anneaux, Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, Harry Potter on ne compte plus les classiques de la littérature fantastique dont tu as été la muse.
Du muséum d’histoire naturelle aux étendues champêtres des parcs, en passant par la salle de réfectoire du Christ Church College et les minuscules portes des maisonnettes recouvertes de verdure, tu regorges de lieux à l’atmosphère magique. En te parcourant, j’avais l’impression d’être immergée dans l’un de ces contes de fées. 

Alors si je devais te résumer en un mot je dirais que tu es envoutante. Et tu l’es à tel point qu’à ton contact j’ai perdu toute notion du temps. Trop occupée à flâner dans l’University Parks, je n’ai pas vu l’heure passer et j’ai bien failli rater le dernier bus. Je crois que tu ne voulais pas que je parte.. Et je t’avoue que moi aussi je serais bien restée plus longtemps mais Londres m’appelait. C’est donc dans la hâte que j’ai dû te quitter, mais promis je reviendrai.

Chloé