Aujourd’hui c’est avec Pauline que je vous emmène à l’aventure. Cette exploratrice des mondes comme elle aime se définir est une âme voyageuse. En 2017, c’est seule et à sac à dos qu’elle s’élance sur le chemin de Compostelle avec l’envie d’explorer le monde mais aussi et surtout son monde intérieur. Une quête de sens de plus de 2000 km entre la France et l’Espagne. 

Avec elle on a parlé de chemin de vie, de synchronicités et d’attaques de chien.

J’espère que son témoignage vous inspirera autant que moi et laisse place à ma discussion avec Pauline .

— NOTES DE L’EPISODE —

Le projet Pauline en quelques mots :

Prise au piège dans une vie qui ne lui correspondait pas, à l’aube de ses 30 ans Pauline prend la décision de tout quitter pour partir marcher. De la France à l’Espagne, de Strasbourg à Saint Jaques de Compostelle en 4 mois elle va parcourir plus de 2000 km. Un voyage extérieur mais aussi intérieur, qui lui permettra d’en apprendre autant sur le monde qui l’entoure que sur elle-même. 

 

— LES RAISONS DU DEPART 

> Son parcours  

Après plusieurs années passées sur les rails de la société capitaliste moderne, elle ne se sentait plus à sa place. Prise au piège dans un engrenage métro-boulot-dodo, elle avait l’impression de «  perdre [sa] vie à la gagner ». 

Après un cheminement intérieur qui la mènera notamment à prendre une année sabbatique et à entamer des études de psychologie en parallèle de son travail, c’est en mi-2017 elle décide de tout quitter et de partir marcher sur le chemin de Compostelle.
Plus que jamais elle ressentait le besoin d’explorer qui elle était, d’explorer sa conscience. Elle voulait se créer une vie qui a plus de sens, de joie et qui la représente plus dans son essence.

Avec le recul elle voit cette décision comme le début d’un chemin intérieur et extérieur. 

> Le choix de la marche 

C’est la simplicité de la marche qui l’a séduite. Un retour à l’essentiel grâce auquel elle n’aurait qu’à se préoccuper de savoir où dormir et quoi manger, lui laissant plus de place pour sa vie intérieure. 

Son intention principale : se reconnecter à son essentiel. 

> Le choix du chemin de Saint-Jacques de Compostelle : 

Plusieurs raisons expliquent son choix 

  • Se sentait appelée par ce chemin.
  • Elle avait déjà entendu parler depuis longtemps. Plusieurs histoires sont en effet liées à ce chemin. Au-delà du pèlerinage religieux et spirituel, il est fréquenté depuis le Moyen-Age. Dès cette époque des gens se sont mis à converger à pied de toute l’Europe dans cette direction car ils pensaient que c’était le bout de la terre. 
  • Cet itinéraire lui permettait d’avoir un cadre. Elle partait d’un point A vers un point B tout en ayant tout l’espace souhaité entre-temps pour explorer son mental.  Pour un 1er voyage seule en sac à dos, elle trouvait rassurant le fait que le parcours soit bien structuré (itinéraire, auberges.. ). 
  • Ce chemin lui permettait d’être seule tout en pouvant rencontrer des gens si elle le souhaitait car c’est un pèlerinage très populaire. Plus qu’ailleurs, les gens du monde entier s’y retrouvent et marchent vers Saint-Jacques. 

 

— LA PREPARATION —

> Le processus de préparation

La décision de partir s’est faite en plusieurs temps et est née de la convergence de deux aspirations : 

  1. Un appel à quitter son travail : l’envie de quitter son job était là depuis longtemps (plusieurs années). Au fil des rencontres et des expériences, elle s’est rendu compte que c’était possible, et a appris à surmonter ses peurs.
  2. Un appel du chemin : l’idée du chemin est venue comme une évidence. 

> Le déclic 

Elle a profité d’un remaniement dans son entreprise pour obtenir une rupture conventionnelle et suivre son âme exploratrice. Elle savait qu’elle était dans la situation idéale pour quitter son job et que si elle ne le faisait pas là elle ne le ferait jamais. 

> Appréhender la peur 

Pauline considère que la peur est tout à fait normale et qu’il faut la prendre par la main et se lancer avec elle. 

La réalité est que le risque est partout, peut-être même plus à Paris que sur le Chemin. Cette peur de se lancer n’est donc pas très rationnelle, c’est une avant tout une peur de l’inconnu. 

Pour elle, l’un des antidotes à la peur est la joie. Il nous faut choisir ce qu’on veut nourrir : la peur ou la joie? 

 » Il ne pas faut penser qu’un jour on n’aura plus peur.  » 

Au moment d’annoncer son départ, elle a aussi dû faire face à l’inquiétude de ses proches qui avait l’impression qu’elle perdait la tête. Notre entourage projette souvent tout un tas de peurs personnelles sur nous, mais il faut savoir s’en détacher pour écouter son intuition et sa joie. 

 

—  L’AVENTURE DU CHEMIN DE SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE  —

> Son itinéraire 

Pauline a fait le choix de partir d’Alsace, un choix symbolique car il s’agit de l’endroit où elle a grandi. 

Partir de ses racines pour se retrouver. 

> Son rythme   

Elle est partie en aout 2017. En 4 mois elle a parcouru près de 2 000 km à raison d’une marche allant 0 et 30-35 km par jour. 

Au fil de son aventure, elle a su s’écouter. Ainsi,  lorsqu’elle était fatiguée ou qu’elle appréciait un lieu elle se donnait l’autorisation de ne pas marcher. Elle a notamment fait une pause de 10 jours pour garder un gite, un séjour ressourçant qui tombait à point nommé. 

Elle veut aussi déculpabiliser les marcheurs  : il lui est arrivé de faire de l’autostop pour finir une étape quand il pleuvait. 

Réflexion sur le concept d’aventurier 

On a une vision des aventuriers tels que des Warriors, des personnes traverse la nature sauvage en autonomie complète. En réalité l’aventure c’est à partir du moment où tu sors de ta zone de confort. C’est différent pour chacun. On est tous aventuriers à notre niveau, à notre façon.  

> Les belles choses du chemin  

Son chemin a été ponctué de beaucoup de magie. À savoir des moments où elle ressentit un alignement parfait entre l’intérieur et l’extérieur. 

Des lieux ou des rencontres, qui répondaient exactement à ce dont elle avait besoin à ce moment-là. 

> Le film   » Chemins de Vie, Marcher vers son Essentiel « 

À la base elle voulait juste faire des interviews de pèlerins (- elle avait déjà interviewé des gens lors de ses précédents voyages – ) et l’idée de faire un film lui est venue en marchant.

Hasard de la vie, peu de temps après que cette envie lui soit apparue elle a rencontré un pèlerin dans un gite qui lui a proposé de faire un bout de chemin avec elle pour qu’elle ait quelques images d’elle. 

Au travers de ce film, son envie était d’expliquer ce que c’est que d’être un pèlerin et pourquoi il y a tant de gens qui quittent tout pour marcher. 

 

— QUESTIONS PRATIQUES —

> Le poids du sac à dos 

Ne sachant pas trop quoi mettre dans son sac elle a suivi les conseils d’autres pèlerins pour savoir quoi emporter avec elle. Comme beaucoup elle est partie avec beaucoup de trop de choses. Au départ son sac pesait donc 11 kg mais au fil du chemin elle s’est délesté d’environ la moitié de ce poids! 

Un processus de dépouillement qui s’explique par deux raisons 

  1.  Tout ce poids l’empêchait d’avancer avec liberté
  2.  Elle n’avait vraiment besoin que de très peu des choses qu’elle avait emporté 

 Mon sac à dos se vidait, mon esprit se vidait aussi

Son astuce : utiliser le savon de Marseille pour tout (savon, shampoing, lessive, dentifrice.. )

> Le logement 

Différentes méthodes 

  • Au début il n’y avait pas énormément d’auberge donc elle devait réserver en avance pour être hébergé dans des lieux religieux ou chez des personnes… Mais ce n’était pas forcément en adéquation avec son besoin de liberté
  • À partir du Puy-en-Velay il y avait beaucoup plus de possibilités d’hébergement, du coup il ne lui n’était plus indispensable de réserver (en Espagne on ne  peut tout simplement par le faire d’ailleurs). Elle avait donc une liste de gite à laquelle elle se referait au jour le jour. 
  • Elle a aussi parfois dormi chez des locaux croisés au hasard des rencontres. 

 

— LE RETOUR —

> La fin de l’aventure 

Pour Pauline la fin du chemin n’est pas la fin de l’aventure. Ce n’était tout simplement pas possible. Elle avait quitté son job etc, elle avait donc tout à recréer à partir d’une page blanche. Une période à la fois stressante et pleine de possibilités.

> Un retour en demi-teinte.

Elle était très heureuse d’avoir fait ce chemin mais aussi heureuse de rentrer. Vers la fin  elle commençait à en avoir marre de tout le temps bouger alors se poser lui a fait du bien.

Pour elle ce qui a vraiment été difficile ça a été le regard de son entourage, les gens  semblaient attendre d’elle de « retourner dans le moule » , « à la vraie vie », alors que pour elle ce n’était que le début et elle avait la volonté de continuer à cheminer, à se chercher. C’était une situation assez paradoxale car elle avait l’impression d’avoir avancé (du point de vue de la quête de soi) mais elle se heurtait à des proches qui pour beaucoup avaient  l’impression qu’elle avait reculée ( –  par rapport au modèle social dominant—)

Des paroles pleines de sagesse : 

«  Il vaut mieux se chercher que de s’ancrer dans la mauvaise voie »  

« On a le droit de se chercher autant de temps qu’on veut, et d’aller explorer. Ce n’est pas un problème, c’est même très sain » 

> Le bilan 

2 ans et 2 mois après la fin de son aventure, elle est très heureuse d’avoir fait ce chemin d’autant plus qu’il se poursuit !  

À  son retour elle a rapidement eu envie de monter son film et cela a été une véritable aventure en soi! Autodidacte elle a appris elle même à monter, faire des sous-titres, etc..  et ce n’était que le début. Une fois terminé elle l’a proposé à un festival de voyage, et face au succès qu’il a rencontré elle a pu organiser plus de 18 projections en 1 an et demi. D’une certaine façon ce film est une manière de prolonger le chemin.

> Ses futurs projets 

Elle a encore de belles idées pour poursuivre son aventure. Elle pense notamment faire un DVD de son film et SPOILER elle souhaiterait réaliser un second documentaire dans lequel elle irait interviewer d’anciens pèlerins pour leur demander ce que leur a apporté cette expérience. 

 

— CONSEILS —

> Ses astuces pour se lancer 

Il faut se demander : 

Quel est le risque à essayer et est-ce que ce risque vaut le coup de passer à côté de cette expérience? 

Si on n’est pas sur cette terre pour réaliser ce qui nous met en joie, alors quel est le but de la vie ? 

Il ne faut pas se laisser décourager par les obstacles potentiels. Les solutions s’ouvriront au fil du chemin. Souvent on veut tout sécuriser avant même de se lancer, mais les solutions et les possibilités viennent en marchant.  Il faut se choisir et apprendre à se faire confiance même s’il y a des peurs, des incertitudes. 

 

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Pour suivre Pauline , vous avez l’embarras du choix :

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Site web

Youtube 

La bande-annonce de son film

N’hésitez donc pas à aller faire un tour sur ses réseaux sociaux pour suivre son chemin dans l’aventure de la vie. 

J’espère que cette aventure vous a plu et je vous retrouve bientôt avec le témoignage d’un nouvel explorateur !